
On l'appelle communément le plus ancien bourgeois de Bruxelles. Depuis des siècles il remplit consciencieusement sa mission. Jadis il fournissait au voisinage l'eau potable, claire et limpide, qui descend du Sablon et de la Montagne des Géants; aujourd'hui, il ne fonctionne plus que pour plaire.
On ne connaît pas son origine. Tout ce que nous savons, c'est qu'il existait déjà au XVe siècle. On l'appelait aussi le Petit Julien. En 1619 la Ville commanda à Jérôme Duquesnoy, père, l'exécution d'une statuette pour décorer la fontaine. Pendant le bombardement de 1695 la statuette fut cachée. Après la catastrophe, elle fut reportée en triomphe sur son piédestal, le 19 août 1695. C'est alors qu'on inscrivit au-dessus de sa tête ce passage du psalmiste: In père exaltait me, et nu exaltai cap mon super inimitiés mes (Le Seigneur m'a élevé sur un socle de pierre, et maintenant, moi, j'élève ma tête au-dessus de mes ennemis).
A différentes reprises Manneken Pis fut volé. Vers 1745, des soldats anglais l'emportèrent subrepticement, mais les Bruxellois le rattrapèrent à Grammont, grâce au concours bienveillant des habitants de cette ville, auxquels ils donnèrent, en témoignage de leur reconnaissance, une réplique de la statuette. Deux ans plus tard, des grenadiers français, venus à Bruxelles avec les troupes de Louis XV, voulurent l'enlever à leur tour. Le peuple s'ameuta et une rixe sanglante faillit s'engager quand le roi, informé de cette échauffourée, fit arrêter les coupables. Pour pallier le mauvais effet produit par leur conduite, il donna à Manneken un riche habit de brocart brodé d'or et le décora de la Croix de Louis XIV. Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1817, la statuette fut volée par un forçat gracié appelé Lucas. L'inquiétude du peuple était extrême. On chercha partout et on finit par retrouver dans un amas de décombres les débris du petit bonhomme. Les morceaux furent rajustés et servirent à faire un moule dans lequel fut coulée la statuette en bronze qui décore aujourd'hui l'antique fontaine de la rue de l'Etuve.
Manneken reçut les hommages des rois et des princes. Il était doté d'une riche garde-robe dont la Ville confiait la conservation à un chambellan, chargé aussi d'habiller Manneken aux grands jours de fête. Ces costumes sont exposés au Musée Communal. On y voit l'habit qui fut donné par le roi de France, Louis XV, ainsi que la décoration, un vêtement Louis XVI, deux costumes de gala et un costume de combattant de 1830, composé d'une blouse bleue avec shako, bottes, ceinturon et écharpe tricolore. Dans les anciens inventaires de la garde-robe de Manneken, dressés vers 1750, on mentionne l'existence de deux parapluies, dont un renfermé dans un étui en cuivre.
La statuette, exécutée par Jérôme Duquesnoy père, fut placée sur un pilier de six pieds de haut. Elle versait l'eau dans une cuvette rectangulaire. En 1770, on substitua à ce piédestal assez simple une niche en pierre bleue, restaurée depuis.
Extrait du Guide Illustré de Bruxelles, Tôme I, 1918, Guy Des Marezhttp://www.manneken-pis.com
On ne connaît pas son origine. Tout ce que nous savons, c'est qu'il existait déjà au XVe siècle. On l'appelait aussi le Petit Julien. En 1619 la Ville commanda à Jérôme Duquesnoy, père, l'exécution d'une statuette pour décorer la fontaine. Pendant le bombardement de 1695 la statuette fut cachée. Après la catastrophe, elle fut reportée en triomphe sur son piédestal, le 19 août 1695. C'est alors qu'on inscrivit au-dessus de sa tête ce passage du psalmiste: In père exaltait me, et nu exaltai cap mon super inimitiés mes (Le Seigneur m'a élevé sur un socle de pierre, et maintenant, moi, j'élève ma tête au-dessus de mes ennemis).
A différentes reprises Manneken Pis fut volé. Vers 1745, des soldats anglais l'emportèrent subrepticement, mais les Bruxellois le rattrapèrent à Grammont, grâce au concours bienveillant des habitants de cette ville, auxquels ils donnèrent, en témoignage de leur reconnaissance, une réplique de la statuette. Deux ans plus tard, des grenadiers français, venus à Bruxelles avec les troupes de Louis XV, voulurent l'enlever à leur tour. Le peuple s'ameuta et une rixe sanglante faillit s'engager quand le roi, informé de cette échauffourée, fit arrêter les coupables. Pour pallier le mauvais effet produit par leur conduite, il donna à Manneken un riche habit de brocart brodé d'or et le décora de la Croix de Louis XIV. Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1817, la statuette fut volée par un forçat gracié appelé Lucas. L'inquiétude du peuple était extrême. On chercha partout et on finit par retrouver dans un amas de décombres les débris du petit bonhomme. Les morceaux furent rajustés et servirent à faire un moule dans lequel fut coulée la statuette en bronze qui décore aujourd'hui l'antique fontaine de la rue de l'Etuve.
Manneken reçut les hommages des rois et des princes. Il était doté d'une riche garde-robe dont la Ville confiait la conservation à un chambellan, chargé aussi d'habiller Manneken aux grands jours de fête. Ces costumes sont exposés au Musée Communal. On y voit l'habit qui fut donné par le roi de France, Louis XV, ainsi que la décoration, un vêtement Louis XVI, deux costumes de gala et un costume de combattant de 1830, composé d'une blouse bleue avec shako, bottes, ceinturon et écharpe tricolore. Dans les anciens inventaires de la garde-robe de Manneken, dressés vers 1750, on mentionne l'existence de deux parapluies, dont un renfermé dans un étui en cuivre.
La statuette, exécutée par Jérôme Duquesnoy père, fut placée sur un pilier de six pieds de haut. Elle versait l'eau dans une cuvette rectangulaire. En 1770, on substitua à ce piédestal assez simple une niche en pierre bleue, restaurée depuis.
Extrait du Guide Illustré de Bruxelles, Tôme I, 1918, Guy Des Marezhttp://www.manneken-pis.com
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